Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 23:01

 

Virollet, actuellement dans le canton de Gémozac, est situé sur la Seudre, à 26 kilomètres de Saintes, 15 de Pons et 30 de Royan. Sa superficie est estimée à 971 hectares et sa population était de 243 habitants en 2005. Ses habitants sont les Virolletais.

On trouve dans la commune de nombreux lieux-dits ou hameaux tels que « Chez Seguin », «  Chez Foucaud », « Les Bonnins », « Les Bates », « Les Hélis », « Le Pas Etroit » ou « Pas Estroit ». Ce dernier lieudit doit son nom à un passage (peu large) établi sur la Seudre.

Le village de « Chez Nicot » rappellerait que les premiers pieds de tabac importés en France au XVIème siècle par le diplomate français Jean NICOT furent plantés dans ce petit village qui porte son nom.



Le bourg de Virollet
 

Un extrait de la statistique du département de la Charente-Maritime publié en 1839 présente les principales caractéristiques de cette commune :

 

« Virollet - population 489 habitants. Cette commune est située sur un petit ruisseau appelée le Seudre qui forme sa limite avec celle de Gémozac et se jette dans la Seudre. Cette rivière traverse également la commune dans toute son étendue.

 

Virollet est éloignée de Saintes de 2 myriamètres 6 kilomètres ; on y compte 25 villages ou hameaux et on assigne à cette commune 900 hectares de superficie dont les sept neuvièmes sont en terres labourables, vignes et bois taillés. Le reste en près naturels et en landes et ajoncs.

 

Les principales productions consistent en grains, vins, bois et fourages.

 

On voit dans cette commune sur le bord de la Seudre les ruines de l’ancienne abbaye de Madion qui, suivant un pouillé de 1461, jouissait de revenus assez considérables. »

 

 

 

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:54

 

L’aspect général de la commune est très riant et nombreux sont les endroits où les rêveurs épris de la nature pourront méditer.

La Seudre traverse la commune du sud au nord et présente la particularité d’être en partie souterraine.

Le paysage a cependant connu certaines transformations, non seulement depuis l’époque des grands défrichements (XIème siècle), mais principalement sous l’effet du machinisme agricole (XIXème et XXème siècles). La surface des landes et des marais s’est considérablement réduite au profit des terres réservées à la culture du maïs et des céréales. De même, certaines espèces animales et végétales ont quasiment disparu. Cela est notamment le cas d’un arbre, l’ormeau, dont il ne reste plus que très peu de spécimens.

Sur les terrains sablonneux, l’activité consiste dans la polyculture à prépondérance viticole pour le Cognac, le Pineau, vin de pays et production de plants de vigne greffés, vendu en France et à l’étranger.

Sur les terrains boisés, les clônes ou mares au nombre de 11 sur l’étendue de la commune sont caractéristiques d’un sol retenant les eaux de pluie.

  Photos 2009 08 - Charente-Maritime 197

Photos-2009-08---Charente-Maritime-233.jpg

Des carrières de sable et de pierre à chaux (carrières du Chaussat et de Marilas) ont été exploitées au XIXe siècle  puis au XXe siècle par des réfugiés italiens. Des fours, qui fournissaient à la région la chaux utilisée pour la préparation de la bouillie bordelaise et pour blanchir les murs des habitations, se trouvent encore (il y avait encore quatre fours en activité en 1923).

 

 

Les fours à chaux

 

Avant 1940, une famille de Virollet avait la spécialité d’extraire de la pierre calcaire d’une carrière, l’actuel terrain de moto-cross.

 

Après l’avoir transporté chez eux, ils le mettaient dans des fours à chaux. Là pendant 2 ou 3 jours, ils entretenaient un feu vif avec des centaines de fagots. Après la cuisson, le calcaire était plongé dans l’eau pour obtenir un lait de chaux.

 

Les viticulteurs venaient nombreux pour se procurer cette mixture précieuse. Le lait e chaux permettait de neutraliser les sels de cuivre afin de fabriquer la bouillie bordelaise servant à combattre le mildiou de la vigne. A partir de 1940 la chimie moderne a pris le dessus, mettant fin à ce procédé.

 

 

 

 

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:50

   

La population, n’a pas cessé de diminuer depuis le siècle dernier sous l’effet de l’exode rural, de la crise du phylloxéra (1872/1880) et des deux guerres mondiales.

 

De 88 feux (soit environ 364 habitants) en 1685, elle atteint 97 feux en 1793, puis 115 en 1732, 150 en 1763 et 110 en 1789.

 

En 1793, on dénombre 453 habitants. De 1806 à 1886, la population passe de 406 à 506 habitants, pour ensuite décliner (492 en 1896, 415 en 1911, 340 en 1936, 277 en 1968, 238 en 1982 et 2002).

 

En 1814, il y avait 403 habitants et 115 maisons.

 

Son évolution au cours des deux derniers siècles a été la suivante :

 

 

Année

Nbre Habitants

Année

Nbre Habitants

1685

364

1891

515

1793

453

1896

492

1806

406

1901

479

1814

403

1906

439

1821

436

1911

415

1831

476

1921

373

1836

489

1926

358

1841

503

1931

392

1846

508

1936

340

1851

478

1946

320

1856

495

1954

308

1861

512

1962

295

1866

535

1968

277

1872

502

1982

238

1876

473

1993

243

1881

507

1999

238

1886

506

2005

243

 

 

Le taux de natalité dans la commune a, au fil de décennies, évolué d’une façon semblable à celui des autres communes du canton de Gémozac. Une famille de Virollet détient néanmoins un véritable record en la matière : dans les années 1960-1970, la famille GRANCHERE eut 14 enfants.

 

L’ouvrage de Pierre JONAIN, « Gémozac et ses environs » parut en 1876 , permet au lecteur d’aujourd’hui de redécouvrir le passé de ce petit coin de France. Ouvrage passionnant pour tous les amateurs d’histoire de la région, il contient entre autre dans son chapitre 2 « Ethnographie », une étude captivante des gens du canton. Je vous propose de retrouver les lignes consacrées aux tenues vestimentaires :

 

 « L’ancien costume des Gémozacaises était fort simple : des souliers à boucles d’argent (qui le pouvait) pour les jours de fête ; des bas de laine du troupeau, de la main d’œuvre  et de la teinture de celle qui les porte, supplées, les autres jours par les galoches gauloises ; le « cotillon simple » de Perrette, dans La Fontaine, soit en étoffe ou droguet, soit en cotonnade ou indienne, en bassin, pour le suprême bon ton ; un tablier ou devanteau ; un just, abrégé de justaucorps, de couleur rouge, par préférence ; une pièce de poitrine d’une autre vive couleur ; un mouchoir de cou à fleurs, en guise de fichu, dont elles ne voudraient pas aujourd’hui pour mouchoir de poche ou mouche-nez, comme elles disent encore très justement ; un collier de velours à cœur d’or ou a croix de Jeannette, selon le culte ; enfin le bonnet à chalonnaises, de forme carrée plus ou moins haute, et, par-dessus, une câline en paillaca, l’été ; la cape gauloise, l’hiver (cucullus) avec sa têtière ou capuchon, relevé ou rabattu : Mon Dieu ! les femmes ainsi équipées plaisaient-elles moins, rendaient-elles moins heureux qu’elles n’ont fait depuis ? Le large crochet d’argent auquel les plus riches suspendaient à leur ceinture leurs ciseaux et même leur couteau y ajoutait-il quelque chose ?

 

………..

 

L’habillement des hommes était jadis les guêtres longues, les culottes courtes ; j’en ai vu de mes yeux vu, qui s’attachaient encore avec des cabillots de bois (la fameuse aiguillette) au lieu des boutons. Le gilet de dessous tombant sur les cuisses ; le gilet de dessus, ou la veste, toute ronde et à collet droit. Les bretelles commencèrent à gâter tout cela. Les cheveux se portaient, non pas à tous crins, comme en limousin, mais taillés en rond sur les épaules, mode qui avait supprimé la queue, que la Titus est venue supprimer, et qui a failli revenir sous le nom de Jeune-France. Le chapeau était le pétase latin, le sombrero espagnol, rationnel en un mot, à larges bords et à forme ronde. J’ai  à peine vu quelques grands habits, dits français, à la Henri IV, couronnés du tricorne, coiffure bizarre.

 

Un accessoire indispensable de la toilette du paysan était le bâton. « Homme sans bâton, homme sans raison », disait le proverbe. Le proverbe songeait à la canne du seigneur. »

 

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:49

 

Il n’existe pas de traces écrites de cette localité avant l’arrivée des moines cisterciens au XIIème siècle, qui édifient un prieuré, puis l’importante abbaye de Madion. Toutefois, comme nous le verrons un peu plus loin, il existe sur le territoire de la commune des vestiges certains de foyers gallo-romains.

 

L’étymologie du mot « Virollet » est assez perfectible. En ancien français, le terme virolet désignait un moulin à vent, dont les ailes virent (tournent).

 

Le mot est issu du latin vibrare (faire tournoyer) et le fait qu’il ait été choisi comme nom de baptême pour le village dénote la présence en ces lieux d’un moulin.

 

Ce dernier a aujourd’hui disparu. Il se trouvait jadis à quelques dizaines de mètres du village, sur une hauteur près de laquelle passe le chemin qui mène aux marais et qui porte le nom de La pointe du moulin. A cet endroit même, se trouvait il y a quelques années un vieux pin, très prisé par les enfants du village qui venaient y ramasser des pignons. Il convient de remarquer que l’existence d’un moulin à vent est mentionnée en ces lieux sur la carte de Cassini (fin XVIIIème siècle).



Virollet
Carte de Cassini (fin XVIIIème siècle)

De tous les moulins qui fonctionnaient dans la commune, celui de Font-Paillaud (1741) demeure l’un des derniers témoins d’une époque aujourd’hui révolue. Ce moulin a récemment retrouvé sa couverture d’ardoise surmontée d’une pointe de cuivre. A l’intérieur, un escalier de meunier en pierre permet d’accéder aux deux niveaux de la bâtisse. Il a hélas été récemment aménagé en gîte rural !




 

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:43

 

Comme dans les autres communes de canton de Gémozac, il est possible de trouver de très nombreux vestiges de la préhistoire . Un grand nombre d’entre eux sont exposés dans la mairie de Gémozac et furent l’objet d’études approfondies de la part de Monsieur Jean THIBAUDEAU.

 

Au village de Chevreroche, un très joli biface triangulaire de l’Acheuléen supérieur et plusieurs moustériens de tradition acheuléenne ont été trouvés il y a quelques années.

 

On constate que de nombreux habitats néolithiques se succèdent presque sans interruption sur la rive droite et sur la rive gauche de la Seudre.

Plusieurs stations ont été identifiées de La Viauderie au Tailland. Des pointes de flèches et du matériel divers ont été trouvés dans les environs de Boisblanc, de Madion et de La Vacherie (haches polie et herminettes,......).

 

Vers le Bois d’Effilé, à proximité du village des Maisonnettes,  une très jolie hache polie en roche bleue fut également découverte il y a quelques décennies.

 

Aux Gilets, un atelier de taille est signalé depuis longtemps et différentes pièces (évoquant parfois l’outillage du paléolithique supérieur) furent trouvées entre Virollet et Chadeniers.

 

Il convient par ailleurs de constater que sur les bords de la Seudre, on trouve de très nombreuses grottes, cavernes ou galeries creusées durant l’ère tertiaire quand la rivière remplissait la vallée. Les notices des cartes géologiques nous disent :

 

« Vers le Pas-Etroit, la Seudre s’infiltre dans les calcaires du Coniacien et du Turonien supérieur et reparaît quelques kilomètres plus loin en amont de Virollet ».

 

Plusieurs thèses ou études relatives à la circulation des eaux dans le Cénomanien et le Turonien, mentionnent d’innombrables galeries. C’est ainsi que la caverne des Fadets (près de Chèvreroche) avait des prolongements extraordinaires. Parmi toutes ces cavités naturelles, quelques-unes servirent très certainement de refuges aux hommes durant la Préhistoire ou les temps historiques.


Par Stéphane FLEURET
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J'espère que ce blog vous aura intérressé.

 

Afin de poursuivre mes recherches sur l'histoire de Virollet, je suis à la recherche de toute information ou document utile : anecdote, photo ancienne, vieux papiers,........ .

 

N'hésitez donc pas à me contacter si vous pensez pouvoir apporter votre contribition au développement de ce blog.

 

A très bientôt peut-être.

 

Stéphane


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Académie de Saintonge

Le blog Virollet a été récompensé par l'Académie de Saintonge le dimanche 4 octobre 2009 avec la remise de la médaille de l 'Académie.

Cela s'est passé à Saintes dans la Salle Saintonge (autrefois chapelle du Collège des Jésuites).

Lire un extrait du rapport de l'Académie


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