Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:30


En cours de rédaction


Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:20

 

En visitant l’église de Virollet, on peut remarquer à l’extérieur (à l’emplacement de l’ancien cimetière) un bloc de pierre long et étroit, d’environ 2,5 m sur 0,70 m. Cette pierre, dite « pierre de Charlemagne », représente la moitié d’un pont piétonnier (l’autre moitié ayant été volée) qui enjambait autrefois la Seudre au lieudit du "Pas-Etroit".

 

Selon une légende, transmise de génération en génération, Charlemagne aurait traversé cet ancien pont en l'an 778.

En effet, en revenant de Roncevaux pour ramener le corps de son neveu Roland, l’Empereur et son armée auraient franchi la Seudre sur ce fameux pont pour aller établir un campement à Bernessart. Auparavant, il aurait essayé de décimer les Maures établis à Mauretanie (ancienne dénomination de Mortagne-sur-Gironde) et ces derniers auraient évité le combat en fuyant par la mer.

 

 

 

Le pont de Charlemagne

 

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:10

 

On ignore encore aujourd’hui tout de la fondation de cette abbaye. Les protestants qui l’ont entièrement détruite au XVIème siècle ont eu soin de brûler les archives. Bien que l’abbaye fût sous le patronage de la Vierge Marie, la chapelle était dédiée à saint Eutrope. Le plus ancien document concernant cette abbaye remonte à 1228. Il s’agit d’un accord entre Gardrate, abbé de Madion, et Gerbert de Compriaco au sujet d’un moulin. On y remarque le nom de Guillaume, premier abbé de Madion connu, qui vivait vers 1200. 
 

Cette abbaye était entièrement tournée vers des activités agricoles : pêcheries dans la Seudre, comme l’indique le toponyme « La Fosse-aux-Moines », ainsi que le défrichement classique avec plantations céréalières, particulièrement au prieuré de Virollet.




L'abbaye de Madion
Carte de Cassini (fin XVIIIème siècle)

 

Elle avait reçu comme tous les moutiers d’alors des donations plus ou moins importantes. Entre autres lui avait été donnée une immense étendue de forêts d’une contenance de 3 500 journaux, appelés le bois Rigaud (nom qui indique très probablement celui du donateur) :

 

« Ladicte abbaye estoit de grande et entienne fondation, dobtée de plusieurs dhommaines et herittages, entre autre estoit dobtée du bois Rigaud, qui est de belle et grande estandue, du quel bois n’estoit deu neu permis à aulcungs faire nulz exploitz, en manière que ce fust, sans le congé et lissance dudict abbé et que à luy, et non à autre appartenoict faire ces exploitz, bailler et assencer ledict bois, affermer les pasturages et paissons d’icelluy à quy bon luy sembleroist, au proffit de luy et de ladicte abbaye. »

 

Durant le Haut Moyen Age, cette abbaye aurait subi de nombreuses vicissitudes et destructions.

 

En effet, comme le souligne la thèse Debord, il n’y avait plus d’abbaye en Saintonge après 866.

 

Toutefois, ce fut durant les guerres de religion que l’abbaye souffrit le plus des pillages et des incendies.

 

Le prieur Pouzaux mentionne qu’une destruction majeure eut lieu à l’automne 1568 et que les religieux furent massacrés par les protestants.

 

En juin 1577 , l’abbé de Notre Dame de Madion et les religieux se trouvent dans une position critique : « ils n’ont aucun lieu pour administrer et faire le service divin, tous les bâtiments ont été rasés et n’y est demeuré que la place et marque toute seule, chose fort pitoyable à voir »…….. « Quant à la forêt de Bois Rigault, qui constituait leur principal domaine, elle a été coupée et usurpée par les ennemis….. ».

 

Par la suite Madion n’eut que des abbés commanditaires et la belle église abbatiale dédiée à saint Eutrope ne fut pas reconstruite.

 

Une inscription en latin sur la porte d’entrée actuelle fait connaître que Dom Martin de Marchais commença une restauration en 1678 :

 

HANC ABBATIAM REGIE OLIM EXTRVCTAM

FVRORE POSTEA HAERETICORVM PENITVS

DESTRVCTAM

SVMMA OPE AC INVICTO PRORSVS ANIMO

INSTAVRARE COEPIT SVIS SVMPTIBVS ANNO DOMINI

MDCLXXVIII

DOMINUS MARTINUS DE MARCHAIS PARIENSIS

REGIE HVIVS ABBATIE ABBAS DIGNISSIMUS

C’est-à-dire :

 

« Cette abbaye, d’ancienne fondation royale,

entièrement détruite par la fureur des hérétiques,

commença d’être rétablie, l’an du seigneur 1678,

aux frais, et grâce au zèle et au grand cœur de Dom Martin Marchais, parisien,

de cette royale Abbaye le très digne Abbé »

 

                                                                           (traduit par P. Jônain en 1876)

 

Malgré ces réparations, l’abbaye retombe vite dans un état lamentable. La messe y est cependant célébrée jusqu’en 1790 par le curé de Virollet.

 

Sous la Constituante, l’abbaye de Madion et toutes ses dépendances (plus de 4 000 journaux disséminés sur 11 communes) furent déclarées biens communaux et vendues principalement à 6 propriétaires. Mais après diverses revendications dès le début du règne de Louis XVIII, en 1823, les princes de Lorraine et de Lambesc assignèrent devant le tribunal de Saintes les acquéreurs et les communes en la personne de leur maire. Les procédures intentées trainèrent jusqu’en 1874, date à laquelle elles furent déclarées nulles.

 

 


                          
                               Abbés de Madion

 

 1200 (?)

GUILLAUME.

 1228-1231 (?)

GARDRADE.

 1314

HELIE *.

 1446-1456 (?)

Jean COQUI

 1460

Charles de St GELAIS, abbé dès 1457, archidiacre de Luçon, abbé de Montierneuf de Poitiers, évêque d4angoulême (1502).

 1463-1467 (?)

Guillaume NORMAND (alias Le Normand).

Louis de ROCHECHOUART, prieur de Saint-Eutrope, évêque de Saintes.

 1515

Ithier de LA MARTHONIE.

 1526

Etienne de LA MARTONNIERE.

 1531 (?)

Gaston de LA MARTHONIE.

 1535

Nicolas de BEAUMONT*, chanoine de Saint-Pierre de Saintes.

 1580-1592

André THEVET*, cosmographe du roi.

 1620-1638

Dom J.B de MURARD*.

 1643

Pierre de MAURISSE, chanoine de Saint-Pierre de Saintes, archidiacre d’Aunis, abbé de N-D. de Bonlieu, prieur de Trizay.

 1640-1648

Gaspard de PERNES*, cousin du précédent. Résigne en 1648.

 1648

Bazile FOUQUET*, aumônier ordinaire du Roi. Conseiller d’Etat.

 1662-1687

Martin MARCHAIS. Restaure en partie l’abbaye.

 1687

Bernard BELOT (alias Bellot).

 1721

Pierre BRIDEL*.

 1730 (?)

Simon Pierre de LACOREE*, évêque de Saintes.

 1730 (?)

Gabriel Barthélemy BASTEROT*, doyen et vicaire général de Bordeaux.

 1758-1787

Marie Pierre Hailire d’HERISSON*, chanoine de Saintes, 1787.

 1787-1792

Louis André de LUCHET DE LA MOTTE*, chanoine de Saintes, archidiacre de Saintonge, vicaire général. Emigré en Hollande puis en Allemagne. A Tours en 1810.

 1792

François Dominique CASTIN GUERIN DE LA MADELEINE*, chanoine de Saintes, vicaire général officiel. Emigré en Angleterre. Fusillé à Quiberon en 1795.

 

Nota : l’abbaye royale de Madion était à la nomination du roi. Le revenu en 1789 était de 2 000 livres. Les noms suivis de * sont inconnus au Gallia.

 

 

L’abbaye de Madion (dessin de N. Moreau, XIXe siècle)


Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 22:00

 

C’est vers 1535 que le protestantisme débuta en Saintonge, c’est-à-dire après le passage de CALVIN à Angoulême et dans ses environs, à Girac, à Claix, à Saint-Saturne, à La Rochecoral et à Nérac. C’est en 1546, que Bernard PALISSY, à Saintes, se fait huguenot, et dès la même année que pour la première fois, le Parlement de Bordeaux condamne à mort des protestants. La diffusion de l’hérésie protestante s’étendit de suite à Soubise, à Marennes, puis à l’ensemble de la Saintonge. Je ne relaterai pas les différents épisodes sanglants qui auront lieu dans les années qui suivirent. Je préciserai seulement que, à la fin du XVIème siècle, les pélerins qui traversaient la Saintonge pour se rendre à Saint Jacques-de-Compostelle constataient déjà la ruine effroyable dans laquelle se trouvaient les églises du pays :

 

Quand nous fûmes dans la Saintonge

Hélas mon Dieu

Nous ne trouvâmes point d’églises

Pour prier Dieu

Les huguenots les ont rompues

Par leurs malices…….

 

 

A Virollet, la destruction de l’abbaye de Madion à l’automne 1568 constitue une illustration de cette période de troubles.

 

Le lieu-dit Combe de la Bataille, indiquerait par ailleurs une échauffourée entre soldats du roi et protestants réunis secrètement.

Par Stéphane FLEURET
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 21:45

Placée sous le district de Xantes (Saintes), Virollet, tout comme le reste de la Saintonge, ne connut pas d’événements sanglants durant la révolution.

En 1792, le mot paroisse est remplacé par le mot municipalité. Les petits nobles du pays obtinrent leur certificat de civisme, et le grand souci des nouveaux citoyens fut, après avoir été libéré de leurs droits seigneuriaux, d’échapper autant que possible aux réquisitions républicaines.

En 1793, Jacques AUBERT est nommé le premier maire de la commune.

Certificat de civisme Michel COUTANT (1)

 Certificat de civisme délivré en 1794 par la municipalité de Virollet à Michel COUTANT (1752-1806)

 

 

Jean VANDERQUANT

Le parcours d’un curé pas comme les autres

 

Jean VANDERQUANT, fils d’Eutrope VANDERQUANT et de Catherine SICARD est né le 10 juin 1751 à Courcoury (17). Il fut curé de Virollet, et de Gémozac.

 

Il fut professeur de grammaire générale et maître de pension, à l’école centrale de Saintes. Il profita de la Révolution pour acquérir, comme d’autres curés, des biens nationaux et également des terres appartenant à des particuliers (Acquisition à François COUSTANT du 15 juillet 1791 – acte Maître MARCHAIY de Gémozac AD 3 E 337).

 

Il a écrit ce qui suit :

 

«Ce jourd'hui 17 avril 1791, dimanche des Rameaux, je soussigné, ayant été nommé et proclamé, par l'assemblée électorale du district de Saintes, curé constitutionnel de la paroisse de Gémozac, et institué suivant les formes canoniques dans la susdite place par M. Robinet, évêque constitutionnel du département de la Charente-Inférieure, pour remplacer le sieur Robert, qui est destitué par son refus d'émettre le serment civique prescrit aux ecclésiastiques fonctionnaires publics par la loi du 26 décembre dernier, ai pris possession de la dite cure de Gémozac par émission légale de mon serment avant la messe paroissiale de ce jour, que j'ai célébrée en présence d'un grande affluence de peuple, de la municipalité et des gardes nationales, de cette paroisse. Que Dieu soit glorifié ! Que les Français soient heureux et libres ! VANDERQUAND, curé de Gémozac.»


Le 20 janvier 1793, devant Pierre Pellisson, maire de Gémozac, il épousa Suzanne RENAUD, qui était sa servante, dont il eut quatre enfants.

 

Il est mort aux Gonds le 9 octobre 1812.

 

Son vicaire, Antoine LOUVET, curé de Tanzac qui avait succédé à Pierre PAIN, curé déporté, épousa la soeur de Jean, Marie VANDERQUANT, et fut aide bibliothécaire à Saintes.

 

Il convient pour finir de remarquer que Pierre JÔNAIN (1799-1884) fait souvent allusion au « bon curé VANDERQUANT » au cours de son poème « Jhoset et Suzane ».

 
Pierre JONAIN
                                                 Pierre JÔNAIN (1799-1884)



 

Par Stéphane FLEURET
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J'espère que ce blog vous aura intérressé.

 

Afin de poursuivre mes recherches sur l'histoire de Virollet, je suis à la recherche de toute information ou document utile : anecdote, photo ancienne, vieux papiers,........ .

 

N'hésitez donc pas à me contacter si vous pensez pouvoir apporter votre contribition au développement de ce blog.

 

A très bientôt peut-être.

 

Stéphane


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Cela s'est passé à Saintes dans la Salle Saintonge (autrefois chapelle du Collège des Jésuites).

Lire un extrait du rapport de l'Académie


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