Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 20:21

Le 28 juin 1914, un nationaliste serbe, Gavrilo Princip, assassine le prince héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand. Ce crime est le détonateur d’une crise austro-serbe, véritable catalyseur d’une guerre qui, dans un premier temps, sera européenne avant de devenir mondiale. En l’espace d’une semaine, du 28 juillet au 4 août, se joue le sort, l’avenir de millions d’hommes. L’Europe bascule irrémédiablement dans la guerre.


En Charente-Maritime (à l’époque Charente-Inférieure) la mobilisation s’effectua comme dans les autres départements, à savoir dans l’ordre et l’enthousiasme.


Le recrutement étant régional et l’infanterie prioritaire, la plupart des conscrits du canton de Gémozac accomplissaient leur service militaire à la 36e DI du 18e CA.

Celle-ci comprenait :


     - le 6e RI de Saintes

     - le 57e RI de Rochefort

     - le 144e RI de Bordeaux

     - le 123e RI et 24e RAD de La Rochelle


Mais avec le plan de mobilisation, chaque unité se dédoublait avec un numérotage à partir de 200.

A
ussi presque tous les fantassins réservistes du canton de Gémozac rejoignirent le 206e RI à Saintes qui un peu plus tard constitua la glorieuse 68e DI (344e, 234e, 206e RI et 224e RAD).


Toutes ces unités régionales furent décimées lors des premières batailles d’août et de septembre 1914. Elles furent par la suite maintes fois réformées, détruites et reconstituées.

Il est ici utile de rappeler que les 15 premiers mois du conflit coûtèrent environ 900 000 morts et 2 millions de blessés et que l’épouvantable guerre de tranchées, dans la boue, les barbelés, les rats et la vermine consistait à sacrifier des centaines d’hommes pour regagner quelques mètres de terrain.

Alors dès le premier hiver, on mobilisa intégralement de 18 à 48 ans. Les territoriaux, pères de familles (137e régiment de Saintes) montèrent en première ligne pour combler des vides.


Gémozac accueillit alors plusieurs trains de blessés évacués en toute hâte pendant les grandes offensives et contre offensives de 1915. Les campagnes endeuillées devinrent vides et silencieuses. Les vieux et les femmes travaillaient péniblement avec des boeufs et à 12 ans les garçons quittaient les écoles dépourvues d’instituteurs. Certaines fermes reçurent des prisonniers de guerre ; malgré tout, la production agricole s’effondra et un rationnement sévère fut institué.

 

GEMOZAC - hôpital auxiliaire n° 26 bis dans la grande rue

  GEMOZAC - hôpital auxiliaire n° 26 bis dans la grande rue


Le conflit sera à l’origine d’une épouvantable saignée, laquelle aura des répercutions démographiques importantes : Virollet comptait 415 habitants en 1911 ; elle n’en compte plus que 373 en 1921.


Certains poilus survivants seront à l’origine de détails horrifiants. Ainsi un brancardier du 206e RI confiera qu’en 1916, au cœur de l’enfer de Verdun, un homme désaxé abattit son officier.


Virollet perdra 12 de ses fils :
 


1914

MAILLARD André

décédé à la ferme du Choléra

1915

BOUYE Léon

décédé à Flirey

 

SURAUD Raymond

décédé à Berry au Bac

 

PINAUD Isidore

décédé à Ecurie

1916

HORSEAU Eugène

décédé à l’hôpital de Saujon

 

SEGUIN Paul

décédé à Douaumont

 

AIME Théophile

décédé au Bois du Polou

 

VERDIER Hubert

décédé à Sailly Saillisel

1917

DROUARD Antonin

décédé à Troyon

 

AVRILLAUD Albert

décédé à Beaurieux

 

GOUINAUD Fernand

décédé à Coucy le Château

1918

DOMMENEC Marc

décédé au Bois de Ricquebourg



Afin que la postérité retienne l’ampleur de cette catastrophe, il sera décidé après le conflit de faire apparaître sur le monument aux morts la mention suivante :


« PASSANT

SOUVIENS-TOI

QU’ILS SONT MORTS

POUR NOTRE LIBERTE »

 

 Sans titre-Numérisation-12 Sans titre-Numérisation-11 Sans titre-Numérisation-13

 

Cartes postales - semaine de la Charente Inférieure - 1917

 



Par Stéphane FLEURET
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Stéphane


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Le blog Virollet a été récompensé par l'Académie de Saintonge le dimanche 4 octobre 2009 avec la remise de la médaille de l 'Académie.

Cela s'est passé à Saintes dans la Salle Saintonge (autrefois chapelle du Collège des Jésuites).

Lire un extrait du rapport de l'Académie


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